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Actualités du PPAAO BENIN/ ProCAD

1ère édition de la Foire nationale des technologies agricoles

 

Satisfaction pour le PPAAO-Bénin, le ProCAD et les exposants 

Au terme de cinq jours d’exposition, la Foire nationale des technologies agricoles du Bénin (Fonateca), organisée du 26 au 30 avril 2015, au stade de l’Amitié, s’est achevée sur une note de satisfaction. Plusieurs prix ont été décernés aux forains par la coordination nationale du Programme cadre d’appui à la diversification agricole (ProCAD), par le biais du Projet de productivité agricole en Afrique de l’ouest (PPAAO-Bénin). Rendez-vous est pris dans deux ans. 

Au total, 86 exposants ont pris part à la Foire nationale des technologies agricoles (Fonateca) 2016. Leurs stands étaient généralement animés jusqu’à 21h. Durant les cinq jours d’exposition, des consommateurs, chercheurs, producteurs, etc se sont bousculés pour découvrir les technologies agricoles proposés par les exposants. A la Fonateca 2016, « Il y a eu beaucoup d’échanges et assez de partenariats ont été noués » a indiqué Jean Fonton, représentant des forains. 

Au nom de ses pairs, il a exprimé ses reconnaissances au Programme cadre d’appui à la diversification agricole (ProCAD) pour l’organisation de cette rencontre. « C’est un sentiment de satisfaction qui nous anime » s’est-il réjoui. Pour cela, il a plaidé pour la réédition de l’initiative ainsi que l’édition et la diffusion du répertoire des forains. Satisfaction partagée par Janvier Yénankpondji Cakpo-CHICHI, coordonnateur du Programme cadre d’appui à la diversification agricole (ProCAD), qui assure la tutelle du PPAAO-Bénin et du PADA. « L’objectif a été atteint » a-t-il déclaré. En effet, la Fonateca visait à servir de cadre d’échanges entre acteurs du monde agricole puis ces acteurs et le public. Abdoulaye Toko, secrétaire général du ministère de l’Agriculture a également salué l’opportunité de cette foire qui a donné une meilleure visibilité aux innovations agricoles. La Fonateca a aussi été une occasion propice au renforcement du partenariat public-privé, favorable au renforcement de l’entrepreneuriat agricole a noté Abdoulaye Toko. Bref, la Fonateca intègre bien l’ambition du gouvernement de faire de l’agriculture un levier du développement a-t-il ajouté. A la suite du coordonateur du ProCAD, il a rassuré les forains que leurs deux doléances relatives à la pérennisation de l’initiative et l’édition du répertoire des participants trouveront une suite favorable.

 Une foire opportune ; un appui à renouveler

 Pour l’ensemble des forains, la Fonateca est une bonne initiative qu’il faut à tout prix pérenniser. « Je remercie vraiment le ProCAD. C’est une bonne initiative. Et c’est à cette occasion que j’ai découvert que les béninois aiment l’agriculture » a déclaré Bienvenu Chabi Adjé, étudiant-chercheur à la Fsa, promoteur du biofertilisant « African BioCompost Grower ». Jean-Eudes Ganfon, chef division formation opérationnelle du Carder Borgou-Alibori a participé à la foire avec un four à poisson. Il est ému par l’engouement suscité par le four pour ses compatriotes du sud et les contacts qui ont été pris. Toutefois, il s’est dit surpris de constater que la technologie n’est présente que dans le septentrion alors qu’il la croyait plus « développée ici ». Conclusion, « S’il y avait un tel cadre de rencontre, la technologie serait déjà connue et adoptée par un grand nombre de personnes » a estimé Jean-Eudes Ganfon. Pour sa part, le Dr Kouboura Igué Djinadou, chef de l’Unité de communication et de documentation du Centre national de spécialisation sur le maïs a noté que le fait « de montrer les résultats des activités du PPAAO-Bénin et du PADA est la preuve qu’il y a eu des résultats probants ». Cela dit, elle a souhaité le renouvellement de l’appui de la Banque mondiale pour une meilleure consolidation des acquis de la 1ère phase. La foire s’est clôturée par une remise d’attestation aux 86 exposants. Par la suite, des distinctions particulières ont été attribuées aux meilleures exposants et innovateurs en reconnaissance de leur perspicacité ou de la qualité de leurs œuvres. Ainsi, les trois premiers de chacune des cinq filières (riz, maïs, ananas, anacarde et poisson) couvertes par le ProCAD sont repartis avec une enveloppe financière de 400 000, 250 000 et 150 000 F. Cfa par ordre de mérite. Les mêmes récompenses ont été décernée pour une sixième catégorie dénommée « Technologies transversales ». 

 Liste des lauréats par catégorie et par ordre de mérite

  1.  Filière riz: Bossou Arouna; Favi Judith;Ferme Cité de Jésus-Christ 
  2.  Filière maïs:  Cns-maïs;  Julienne Lokossa (vendeuse d’ablo à Comè); Plateforme d’innovation maïs  
  3. Filière ananas:  Etablissement Fako; Etablissement Vision plus;  Laboratoire de génétique et de biotechnologie (Uac)
  4. Filière anacarde: Thérèse Ali Worou;  Ogo Oluwa; JC 5 
  5.  Filière pisciculture: Ferme Wadey;  Ferme agro-piscicole Dieu exauce ;Faculté des sciences agronomiques (Uac) Technologies transversales Institut national de recherche agricole du Bénin (Inrab); ABC Grower; Jec Sarl 

  • Dr Kouboura Igué Djinadou, chef de l’Unité de communication et de documentation du Centre national de spécialisation sur le maïs (Cns-Maïs). « Nous avons présenté un recueil d’une centaine de mets et de boissons à base de maïs » Nous amenons des technologies uniquement autour du maïs. Il y a du maïs de variétés améliorées, qui s’adaptent aux changements climatiques. Ensuite, nous avons présenté les produits dérivés du maïs comme le mawè, ainsi que des mets et boissons locaux à base de maïs. Entre autres, vous avez le Kandi, le abla, le tchakpalo, le akpan, le lio, akassa, le yêkè-yêkè (couscous de maïs qui est une spécificité du Bénin semblable au couscous de blé). Nous avons par ailleurs, présenté un recueil d’une centaine de mets et de boissons à base de maïs que le Cns-maïs a édité l’année dernière. Nous sommes également venus à la Fonateca avec du yêkè-yêkè et du ganbari-linfin en boîtes avec des méthodes de préparation améliorées. Ainsi, un entrepreneur peut décider d’investir pour la multiplication à grande échelle du yêkè-yêkè à des fins commerciales. Car, nous sommes prêts à livrer la technologie. Cela permettra de desservir le reste du monde surtout nos compatriotes de l’extérieur. Nous avons également présenté des machines qui permettent de transformer le maïs, des égreneuses, des vanneuses, des rouleurs calibreurs (utilisé pour rouler le yèkè yèkè, le "aklui", le cuiseur à vapeur d’ablo). Enfin, des documents qui font le point de tout ce qui fait le Cns-Maïs depuis sa création en 2011. 

• Jean-Eudes Ganfon, Chef division Formation opérationnelle du Carder Borgou-Alibori « Le Four chorkor amélioré permet de conserver les poissons pendant six mois » Notre équipement, c’est un four à poisson appelé « Four chorkor amélioré ». C’est une version améliorée des fourneaux traditionnels ; il amélioré dans un village du Ghana, non loin d’Accra, avec l’appui de la Fao. C’est un four qui permet de fumer une grande quantité de poissons en un temps record. Soit 30 à 300 Kg à la fois en six heures environ. La quantité de combustible et le temps de fumage sont aussi réduits de moitié. Nous faisons la vulgarisation du four dans les communes de Karimama et Malanville du fait des effets néfastes des inondations et des sécheresses. La monté des eaux entraîne une multiplication des poissons qui migrent vers les plaines inondables et restent après la décrue. Mais à cause de la faible capacité des fumoirs traditionnels, nous enregistrons beaucoup de pertes de poissons. Du coup, peu après la décrue, nous tombons dans une période de rupture de poissons. Mais le « Four chorkor amélioré », équipé de clercs de fumage et de clercs de stockage, permettent de conserver les poissons sur une période allant jusqu’à six mois. Economiquement, il est rentable et peut durer au moins une dizaine d’année s’il est bien construit. 

  • Bienvenu Chabi Adjé, Etudiant-chercheur à la Fsa, promoteur de « African BioCompost Grower » (ABC Grower), 2ème prix Technologies transversales de la Fonateca. « ABC Grower, c’est un engrais purement écologique, sans conséquence sur l’environnement » Notre innovation s’appelle « African BioCompost Grower » (ABC Grower). C’est un bio fertilisant liquide, c'est-à-dire un engrais liquide organique, que nous fabriquons ici au Bénin. Nous sommes partis du principe que les plantes utiles, comme celles qui n’ont pas encore d’utilité pour l’homme utilisent les mêmes éléments du sol. Suite à cela, nous avons développé un principe pour isoler, c'est-à-dire extraire les principaux éléments comme l’azote, le phosphore, le potassium, le fer, etc de ces mauvaises herbes. Après l’extraction, nous concentrons ces éléments pour en faire notre fertilisant. Au-delà des constituants de l’engrais conventionnel, ABC Grower contient des phytohormones extraits du moringa. C’est un engrais purement écologique, sans conséquence sur l’environnement. Le prix est accessible. Pour traiter un hectare de culture, il faut juste le 1/6 de l’investissement nécessaire pour les pesticides. Sans fausse modestie, je peux dire qu’il est économique plus rentable que les fertilisants conventionnels. Le travail a commencé depuis quatre ans. Les premiers essaies ont commencé en Côte-d’Ivoire et nous ont permis d’améliorer le produit dans le temps. Et nous avons aujourd’hui les meilleurs résultats. Les essais nécessaires ont été faits avec succès en France. Nous avons ensuite confirmé les tests au Bénin sur la tomate et la salade.


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